Benny?&?Co. mise sur le centre-ville de Montréal. Alors que la plupart des travailleurs ont déserté le c?ur de la métropole depuis le début de la pandémie, la cha?ne spécialisée dans le poulet r?ti a décidé d’y ouvrir ce lundi un restaurant qui fonctionnera sous un tout nouveau concept, plus adapté à une clientèle urbaine.

Natha?lle Morissette Natha?lle Morissette
La Presse

En plus de l’établissement situé juste en face de Place Ville Marie, deux autres verront également le jour à Montréal?: sur la rue Saint-Jacques et dans le quartier Rosemont au cours de l’été. Cet investissement total de 4,5?millions créera une centaine d’emplois.

L’entreprise n’est toutefois pas la seule à jeter son dévolu sur le centre-ville?; Foodtastic, groupe qui possède plusieurs enseignes de restaurants, y ouvrira quatre nouveaux établissements, a appris La?Presse. Souvlaki Bar (Complexe Desjardins), Tommy Café (rue Sherbrooke Ouest), La Chambre (rue Sainte-Catherine) et POK POK (Complexe Desjardins) appara?tront dans le paysage d’ici six à huit mois, a confirmé le président de Foodtastic, Peter Mammas. Celui-ci s’est d’ailleurs dit s?r de voir revenir les touristes et les travailleurs en 2022. Le contexte de la pandémie a également rendu les loyers du secteur plus abordables, souligne M.?Mammas.

Or, faut-il être audacieux pour ouvrir un établissement dans un quartier où les activités tournent au ralenti?? Rappelons que les salles à manger sont toujours fermées dans plusieurs régions du Québec.

Peut-être que c’est audacieux, mais c’est un plan qui était déjà prévu (avant) la pandémie. On a bien réfléchi au cours des derniers mois. Mais on croit vraiment à la relance du centre-ville. On veut vraiment en faire partie. C’est un geste audacieux, mais réfléchi quand même.

Elisabeth Benny, vice-présidente, marketing et relations publiques, de Benny?&?Co.

??C’est un peu notre responsabilité à tous de participer à cette relance-là, ajoute Jean-Christophe Benny, directeur, développement des marchés. On sent que c’est notre devoir, en tant que restaurateur, de participer au succès du centre-ville. Je pense que c’est la bonne chose à faire.??

Un nouveau concept

Et pour s’adapter à cette nouvelle clientèle, l’entreprise familiale a décidé de développer un concept qui diffère de ce qu’elle offre dans ses établissements situés en périphérie de la métropole. Au centre-ville, en plus d’un comptoir de repas pour emporter plus facile d’accès, les clients pourront – lorsque les salles à manger rouvriront – commander directement à leur table à l’aide de leur téléphone. Un employé viendra ensuite porter la commande. Un coin-bar, où on offrira des cocktails et une carte des vins plus étoffée, un décor épuré, un éclairage différent sont autant de nouveautés que Benny?&?Co. a intégrées à son concept. ??On veut que les gens puissent commencer à relaxer dès qu’ils rentrent dans le restaurant, explique Mme?Benny. Ils n’ont pas besoin d’attendre en ligne. Ils peuvent aller s’asseoir et commander rapidement.??

Le tout se fera dans un espace plus restreint – où le comptoir à salades a disparu – d’environ 2800?pieds carrés, qui offrira 66?places. Normalement, la superficie des restaurants de l’entreprise varie entre 3800 et 4100?pieds carrés, pour une moyenne de 110?places assises. C’est d’ailleurs la plus petite taille des locaux disponibles à Montréal qui a incité l’entreprise à revoir son concept.

PHOTO ROBERT SKINNER, LA PRESSE

Elisabeth Benny, vice-présidente, marketing et relations publiques, de Benny?&?Co., Jean-Christophe Benny, directeur du développement des marchés, et Jean Benny, président et directeur-général

??On s’est rendu compte qu’on n’avait pas ces limitations physiques là seulement au centre-ville, soutient Elisabeth Benny. [L’ancien concept] nous coupait de plusieurs locaux en périphérie et dans d’autres villes. Donc, l’exercice a été bénéfique parce que ?a va nous permettre une croissance dans les prochaines années.??

Ainsi, les deux autres établissements montréalais fonctionneront de la même fa?on, tout comme les restaurants de Drummondville, Magog et Terrebonne, qui ouvriront d’ici l’automne prochain.

Pour le moment, sur un total de 66?succursales (au Québec et en Ontario), les salles à manger de seulement cinq établissements, situés en zone orange, sont ouvertes. Dans ce contexte, l’entreprise s’attend-elle à enregistrer de gros volumes de vente pour son nouveau restaurant du centre-ville?? ??Notre travail, c’est toujours de se préparer pour des volumes importants pour s’assurer d’avoir un service qui est à la hauteur des attentes du client, répond Jean-Christophe Benny. La complémentarité des services qu’on offre [comme les commandes à emporter et la livraison] nous permet d’anticiper un volume qui va être assez fort.??

??On croit au centre-ville, a tenu à répéter, en fin d’entrevue, Jean Benny, président-directeur général. Un jour ou l’autre, cette pandémie-là sera contr?lée et on sera là.??

Benny?&?Co. en bref

– Premier restaurant familial ouvert en 1960

– 66 succursales en Ontario et au Québec

– 2100 employés

– Siège social situé à Bois-des-Filion

– Vend plus de 9?millions de repas de poulet r?ti par année

La différence entre les R?tisseries Benny et Benny?&?Co.

Les R?tisseries Benny et Benny?&?Co. sont deux cha?nes distinctes. La première est propriété depuis 2019 du groupe Foodtastic, alors que Benny?&?Co. appartient à la famille Benny. Auparavant, les R?tisseries Benny appartenaient à Pierre Benny. Son cousin Jean Benny détenait pour sa part des restaurants Au Coq qu’il a transformé en Benny?&?Co. Plusieurs membres de la famille ont voulu ensuite unifier toutes les r?tisseries sous le nom de Benny?&?Co. afin de perpétuer la vision des cofondateurs pour leurs prochaines générations. S’en est suivi un litige judiciaire pour l’utilisation du nom Benny. Un juge a finalement tranché en 2016?: les deux entreprises pouvaient continuer à utiliser cette appellation.