(Bichkek) Les autorités du Kirghizstan ont commencé vendredi à promouvoir la racine d’une plante connue pour être très toxique pour l’homme en tant que supposé remède miracle contre la COVID-19, en pleine nouvelle vague de contaminations dans ce pays d’Asie centrale.

Agence France-Presse

Le ministère kirghize de la Santé a présenté la décoction au cours d’une conférence de presse, assurant que le président Sadyr Japarov l’avait utilisée pour soigner ??des milliers?? de détenus malades lorsqu’il purgeait une peine de prison pour prise d’otages l’année dernière.

Alimkadyr Be?chenali?ev, le ministre de la Santé, a avalé devant les journalistes quelques gorgées du remède, qui contient des extraits de racine d’aconit, une plante de montagne qui contient des toxines mortelles pour l’homme mais qui est utilisée en médecine traditionnelle.

??Il n’y a aucun danger pour la santé??, a-t-il lancé. ??Vous devez le boire chaud et, dans deux ou trois jours, le test PCR positif dispara?t et la personne se sent immédiatement mieux??, a assuré le ministre.

Avant la conférence de vendredi, le président Japarov a diffusé sur Facebook une vidéo qui semble montrer le remède en train d’être mis en bouteille par des hommes sans aucune protection.

On peut lire sur l’étiquette des bouteilles que le remède est efficace ??contre le coronavirus et le cancer de l’estomac?? mais aussi que boire la solution sans la chauffer au préalable peut entra?ner la mort.

Jeudi, l’Organisation mondiale de la santé (OMS) a critiqué la promotion faite par les autorités de cette racine.

??Un médicament qui n’a pas passé d’essais cliniques ne peut pas être homologué et recommandé pour une utilisation généralisée par la population??, a-t-elle dit.

Le Kirghizstan est actuellement frappé par une troisième vague de cas de COVID-19, après un été déjà difficile qui a vu les h?pitaux débordés.

Il n’est pas le premier pays à vanter un supposé remède miracle contre le coronavirus, sans base scientifique.

également en Asie centrale, le Turkménistan, l’un des pays les plus reclus et les plus autoritaires du monde, qui affirme être épargné par la pandémie, a généralisé les fumigations d’harmal, un arbrisseau aux vertus médicinales supposées.

Pour se prémunir de la COVID-19, les autorités sanitaires recommandent cependant avant tout le port du masque, la distanciation sociale et le lavage régulier des mains.